Construire une passerelle entre les pratiques de médecine traditionnelle et les traitements orthopédiques conventionnels : une conférence en Tanzanie explore les pratiques communautaires de guérison
L’Association orthopédique de Tanzanie (Tanzania Orthopaedic Association – TOA) a organisé sa conférence annuelle 2025 les 3 et 4 juillet, au centre de conférence international d’Arusha, durant laquelle l’accent a été mis sur l’intégration des pratiques des guérisseurs traditionnels aux traitements orthopédiques conventionnels se basant sur les données probantes.
Organisée autour du thème « Faire progresser la médecine basée sur les données probantes en chirurgie orthopédique : Le contexte tanzanien », la conférence a rassemblé des chirurgiens en orthopédie, des chercheurs et d’autres professionnels de la santé. Le commissaire régional d’Arusha, Kenan Kihongosi, a ouvert la conférence en soulignant l’importance de coordonner les approches médicales traditionnelles et conventionnelles.
Un symposium consacré aux guérisseurs traditionnels, qui continuent à jouer un rôle prédominant dans la prise en charge des fractures, surtout dans les zones rurales, a été l’un des temps forts de la conférence. La session s’est ouverte avec les remarques de Stella Itungu, PDG de COSECSA et membre du conseil d’administration de l’AO Alliance, qui a souligné l’impact des formations chirurgicales en Afrique subsaharienne.
Liste des présentations :
- Claude Martin Jr (AO Alliance, Suisse) : « La médecine traditionnelle: carotte ou bâton ? »
- Dominic Konadu-Yeboah (Ghana) : « Collaborer avec les guérisseurs traditionnels pour une prise en charge efficace des fractures au Ghana »
- Mengistu G. Mengesha (Éthiopie) : « Projet BOSAD en Éthiopie: Améliorer la prise de conscience par l’éducation du public »
- Jovine Okoth (Tanzanie) : Vue d’ensemble du projet « Building Bridges for Broken Bones »
Le symposium a mis en lumière les apports et les risques des pratiques traditionnelles, offrant une vision globale de leur rôle dans le système de santé tanzanien.
Les tables rondes qui ont suivi les présentations ont mis l’accent sur la collaboration et le dialogue ouvert. Les participants ont examiné les moyens d’intégrer les guérisseurs traditionnels dans les systèmes de santé officiels et ont discuté de stratégies pour améliorer les résultats pour les patients et réduire les complications.
La conférence s’est terminée par un appel à un engagement plus poussé avec les organismes de réglementation et le ministère de la Santé, afin d’explorer des cadres stratégique reconnaissant et encadrant les pratiques des guérisseurs traditionnels.
L’attention que porte l’Association orthopédique de Tanzanie aux pratiques de guérison communautaires reflète un effort plus large visant à remédier aux disparités d’accès aux soins de santé et à améliorer les résultats orthopédiques à l’échelle nationale, en particulier dans les régions rurales mal desservies.



